lundi 10 avril 2017

Les roses à Taiwan

Les plantes du genre Rosa ne poussent à l’état sauvage que dans l’hémisphère nord. Alors qu’en Europe ou en Amérique on en trouve une trentaine d’espèces, la Chine en possède plus de cinquante. Les rosiers botaniques ont donné naissance à des milliers de cultivars, aux formes des fleurs et aux ports très variés. Simples ou doubles ; aplaties, à cœur turbiné, en rosette ou pompon ; arbustives ou grimpantes, les roses se déclinent à l’infini à travers le monde et chaque pays possède sa spécificité dans l’approche de cette fleur incomparable à nulle autre. A Taiwan, les roses fleurissent pratiquement toute l’année, mais leur floraison principale a lieu de novembre à mai : c’est la période où elles sont les plus belles. En été, en revanche, les fleurs sont plus rares et plus petites. Les visites de roseraies taiwanaises permettent de constater que certaines variétés se rencontrent plus souvent que d’autres. C’est le cas notamment des somptueux « Yume », « Shin Hoshi », « Taiwan Miracle », « Paradise », ou encore « Honey Dijon »…

 Le rosier "Yume" porte des fleurs géantes, qui séduisent d'emblée...
D'un orange soutenu quand elles commencent à s'épanouir, elles pâlissent avec le temps pour revêtir une teinte saumonée.
Généreuses, de forme parfaite, à cœur bien serré, les roses "Shin Hoshi" ont une magnifique couleur lilas, aux reflets nacrés.
 "Taiwan miracle": de grosses fleurs aux pétales nombreux, d'un rose magenta strié de rose clair.
Le rosier "Paradise" produit des fleurs d'un lilas bleuâtre, marginées de rouge framboise ...
    ... et délicieusement parfumées...
Les roses "Honey Dijon" arborent un coloris peu commun : un brun doré nuancé de rose au bout des pétales quand elles commencent à s'ouvrir.
Bien d'autres roses sont à admirer dans les roseraies à Taiwan ...

[ Robert Fortune raconte sa découverte de deux rosiers, en Chine]
« Les jardins des mandarins étaient d’une extrême alacrité, surtout pendant les premiers mois de l’année ; et, ce qui était de plus grande importance pour moi, ils celaient bon nombre de plantes d’une grande beauté, et qui m’étaient inconnues. En pénétrant dans l’un de de ses jardins par un beau matin du mois de mai, je fus frappé par une masse de fleurs jaunes qui couvraient la totalité d’une partie éloignée du mur. Cette couleur jaune n’était pas commune. Elle était atténuée par une touche de chamois qui attirait l’œil et lui donnait une apparence inhabituelle. Je me précipitai vers elle, et, à ma surprise et mon grand ravissement, vis qu’il s’agissait du plus magnifique des rosiers grimpants jaunes à fleurs doubles. Il ne fait aucun doute, et j’en eus confirmation par la suite, que cette rose est originaire des régions les plus septentrionales de l’Empire et qu’elle poussera vigoureusement en Europe.
Dans ces mêmes jardins je trouvai encore à la même époque une autre rose, que les Chinois nomment la « cinq couleurs ». Elle relève des variétés communément appelées chez nous roses de Chine, mais pousse d’une très étrange et belle façon. Parfois elle donne des fleurs d’une couleur unique – le rouge ou le blanc -, parfois, et simultanément des fleurs de deux couleurs, comme si chacune appartenait à une espèce différente, et parfois encore des fleurs où se mêlent les deux couleurs, en bandes alternées. Cette espèce se développera elle aussi dans notre pays avec autant de vigueur que nos roses de Chine. » Robert Fortune (1813-1880)













Source :
Robert Fortune, Le vagabond des fleurs, trad. de l'anglais par Joëlle Vincent, Paris, éd. Payot, 2003, p. 242.

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