Les plantes du genre Rosa ne poussent à l’état sauvage que dans
l’hémisphère nord. Alors qu’en Europe ou en Amérique on en trouve une trentaine
d’espèces, la Chine en possède plus de cinquante. Les rosiers botaniques ont
donné naissance à des milliers de cultivars, aux formes des fleurs et aux ports
très variés. Simples ou doubles ; aplaties, à cœur turbiné, en rosette ou
pompon ; arbustives ou grimpantes, les roses se déclinent à l’infini à travers
le monde et chaque pays possède sa spécificité dans l’approche de cette fleur
incomparable à nulle autre. A Taiwan, les roses fleurissent pratiquement
toute l’année, mais leur floraison principale a lieu de novembre à mai : c’est
la période où elles sont les plus belles. En été, en revanche, les fleurs sont
plus rares et plus petites. Les visites de roseraies taiwanaises permettent
de constater que certaines variétés se rencontrent plus souvent que d’autres. C’est
le cas notamment des somptueux « Yume », « Shin Hoshi », « Taiwan Miracle », « Paradise »,
ou encore « Honey Dijon »…
Le rosier "Yume" porte des fleurs géantes, qui séduisent d'emblée...
D'un orange soutenu quand elles commencent à s'épanouir, elles pâlissent avec le temps pour revêtir une teinte saumonée.
Généreuses, de forme parfaite, à cœur bien serré, les roses "Shin Hoshi" ont une magnifique couleur lilas, aux reflets nacrés.
"Taiwan miracle": de grosses fleurs aux pétales nombreux, d'un rose magenta strié de rose clair.Le rosier "Paradise" produit des fleurs d'un lilas bleuâtre, marginées de rouge framboise ...
... et délicieusement parfumées...
Les roses "Honey Dijon" arborent un coloris peu commun : un brun doré nuancé de rose au bout des pétales quand elles commencent à s'ouvrir.
Bien d'autres roses sont à admirer dans les roseraies à Taiwan ...
[ Robert Fortune raconte sa découverte de deux rosiers, en Chine]
« Les jardins des mandarins étaient d’une extrême
alacrité, surtout pendant les premiers mois de l’année ; et, ce qui était
de plus grande importance pour moi, ils celaient bon nombre de plantes d’une
grande beauté, et qui m’étaient inconnues. En pénétrant dans l’un de de ses
jardins par un beau matin du mois de mai, je fus frappé par une masse de fleurs
jaunes qui couvraient la totalité d’une partie éloignée du mur. Cette couleur
jaune n’était pas commune. Elle était atténuée par une touche de chamois qui
attirait l’œil et lui donnait une apparence inhabituelle. Je me précipitai vers
elle, et, à ma surprise et mon grand ravissement, vis qu’il s’agissait du plus magnifique des rosiers grimpants jaunes à fleurs doubles. Il ne fait aucun
doute, et j’en eus confirmation par la suite, que cette rose est originaire des
régions les plus septentrionales de l’Empire et qu’elle poussera vigoureusement
en Europe.
Dans ces mêmes jardins je trouvai encore à la même époque
une autre rose, que les Chinois nomment la « cinq couleurs ». Elle
relève des variétés communément appelées chez nous roses de Chine, mais pousse
d’une très étrange et belle façon. Parfois elle donne des fleurs d’une couleur
unique – le rouge ou le blanc -, parfois, et simultanément des fleurs de deux
couleurs, comme si chacune appartenait à une espèce différente, et parfois
encore des fleurs où se mêlent les deux couleurs, en bandes alternées. Cette
espèce se développera elle aussi dans notre pays avec autant de vigueur que nos
roses de Chine. » Robert Fortune (1813-1880)
Source :
Robert Fortune, Le vagabond des fleurs, trad. de l'anglais par Joëlle Vincent, Paris, éd. Payot, 2003, p. 242.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.