lundi 10 avril 2017

Beautés exotiques

Quelle formidable aventure que celle de découvrir la Terre à travers les plantes ! Trésors vivants d’un pays ou d’une partie du monde, elles contribuent merveilleusement au sentiment de dépaysement que l’homme cherche en voyageant loin de chez lui. Les plantes exotiques ont toujours fait rêver les botanistes voyageurs occidentaux par leur beauté, mais peut-être plus encore par leur luxuriance et leur floraison ininterrompue. La sélection de beautés naturelles ci-dessous n’inclut que des plantes herbacées (s’opposant aux végétaux ligneux, c’est-à-dire les arbres). Ces merveilles de la nature étonnent par leurs formes inhabituelles, leurs floraisons généreuses et leurs coloris flamboyants...
Le gingembre d’ornement (Alpinia zerumbet) est très répandu à Taiwan. Sa floraison en grappes de fleurs blanches à lèvres jaunes, parfumées, en mai, est suivie de fruits rouge orangé, en octobre. 
Etlingera elatior (ou Nicolaia elatior) est une Zingibéracée d'origine indonésienne. Son nom français est rose de porcelaine, sans doute en raison de la texture épaisse et brillante de ses bractées rouges.
Contrairement à Musa paradisiaca (ci-dessous), les inflorescences de Musa ornata sont dressées et se composent de bractées roses et de petites fleurs orange.
Musa paradisiaca - bananier du paradis - originaire du sud-est asiatique, n'est pas un arbre, mais une plante vivace géante.
Musa uranoscopos (ou Musa coccinea) est une autre Musacée bien connue à Taiwan. Ses petites fleurs tubulaires jaunes sont enfermées dans les bractées rouge vif.
Musella lasiocarpa est un bananier rustique, originaire de Chine et du Vietnam. Il supporte le froid et on le trouve même en région parisienne, en été.  
Strelizia reginae constitue l'emblème de l'exotisme, partout dans le monde. A Taiwan, elle fleurit pratiquement toute l'année, avec un sommet de sa floraison en été.
Les inflorescences dressées de Heliconia schiedeana sont composées d'une dizaine de fines bractées rouges, disposées en spirale et contenant de petites fleurs jaunes.
Heliconia aurantiaca, originaire du Mexique, compte parmi les Musacées les plus célèbres dans les pays tropicaux. Ses "griffes" d'un jaune chaud se rencontrent en toute saison.
Heliconia bihai (ou Heliconia humilis) peut atteindre un volume impressionnant. Ses inflorescences dressées, d'environ un mètre, présentent jusqu'à quinze grandes bractées rouges à bords verts.  
Contrairement aux autres héliconies, Heliconia rostrata possède des inflorescences pendantes, composées de nombreuses bractées rouges à l'extrémité jaune-vert.
Ravenala madagascariensis appartient à la famille des Streliziacées. Son inflorescence, composée de bractées vertes et de petites fleurs blanc crème, très robuste, peut atteindre jusqu'à un mètre de long.
Les spathes rouges, plus rarement roses, blanches ou vertes, d'Anthurium andreanum (Aracées) sont connues dans le monde entier.
Stapelia gigantea, de la famille des Asclépiadacées, produit des fleurs couleur ocre ou marron, malodorantes, pouvant atteindre jusqu'à 35 cm de diamètre. Ici : en bouton.  
Billbergia pyramidalis est une Broméliacée brésilienne. Ses fleurs tubulaires avec des pétales recourbés vers l'extérieur, d'un rouge brillant, sont regroupées dans des panicules compactes.
Tout comme Billbergia pyramidalis, et beaucoup d'autres Broméliacées, Vriesea carinata vient du Brésil. De ses bractées rouges sortent des fleurs tubulaires jaunes.
Aphelandra sinclairiana est un petit arbrisseau de la famille des Acantacées. Ce que l'on aperçoit sur la photo ce sont ses bractées orange de longue durée. Ses fleurs, plus éphémères, sont roses.
« De savants naturalistes ont essayé de dépeindre ces paysages du tropique en nommant une multitude d’objets et en indiquant quelques traits caractéristiques de chacun d’eux. C’est là un système qui peut donner quelques idées définies à un voyageur qui a vu ; mais commet s’imaginer l’aspect d’une plante dans le sol qui l’a vue naître, quand on ne l’a vue que dans une serre ? Qui donc, après avoir vu quelque plante de choix dans une serre, peut s’imaginer ce qu’elle est quand elle atteint la dimension d’un arbre fruitier ou qu’elle forme des bosquets impénétrables ? Qui pourrait, après avoir vu dans la collection d’un entomologiste de magnifiques papillons exotiques, de singulières cicadées, associer à ces objets sans vie la musique incessante que produisent ces derniers, le vol lent et paresseux des premiers ? Or ce sont là les spectacles que l’on voit tous les jours sous les tropiques. C’est au moment où le soleil a atteint sa plus grande hauteur qu’il faut considérer ce spectacle ; alors le magnifique feuillage du manguier projette une ombre épaisse sur le sol, tandis que les branches supérieures resplendissent du vert le plus brillant sous les rayons d’un soleil de feu. Dans les zones tempérées le cas est tout différent ; la végétation n’a pas des couleurs si foncées ni si riches, aussi les rayons du soleil couchant, teintés de rouge, de pourpre et de jaune brillant, sont ceux qui ajoutent le plus aux beautés du paysage. Combien de fois n’ai-je pas désiré trouver des termes capables d’exprimer ce que je ressentais quand je me promenais à l’ombre de ces magnifiques forêts ! Toutes les épithètes sont trop faibles pour donner à ceux qui n’ont pas vu les régions intertropicales la sensation des jouissances que l’on éprouve. J’ai déjà dit qu’il est impossible de se faire une idée de ce qu’est la végétation des tropiques en voyant les plantes enfermées dans une serre ; il faut cependant que j’insiste sur ce point. Le paysage tout entier est une immense serre luxuriante créée par la nature elle-même, mais dont l’homme a pris possession et qu’il a embellie de jolies maisons et de magnifiques jardins. Tous les admirateurs de la nature n’ont-ils pas désiré avec ardeur le paysage d’une autre planète ? Eh bien ! on peut dire en toute vérité que l’Européen peut trouver, à quelque distance de sa patrie, toutes les splendeurs d’un autre monde. […] » Charles Darwin (1809-1882) 
Il serait difficile de parler de plantes exotiques, sans évoquer les orchidées. Mais leur richesse est telle qu'elles seront présentées à part... Ci-dessus : une Vanda.
Source :
Charles Darwin, Voyage d’un naturaliste autour du monde, t. II, Paris, éd. François Maspero, 1982, pp. 287-288.  


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.