Claude Monet avait l'habitude de répéter souvent : "En dehors de la peinture et du jardinage, je ne suis bon à rien..." Mais ces deux passions, exercées avec une sincérité et une exigence extrêmes, suffirent pour forger la légende qui est la sienne. De cette légende, les Jardins de sa maison de Giverny sont aujourd'hui un reflet de renommée mondiale. C'est, pour le dire en peu de mots, l'oeuvre d'un rêveur des fleurs et de la lumière. Le rêve des fleurs, c'est le Clos normand, parterres géométriques devant la maison rose aux volets verts, plantés de milliers de ses fleurs préférées, de toutes les couleurs, à la manière d'une palette de peintre. Le rêve de la lumière, c'est le Jardin d'eau, agencé autour d'un étang, creusé après moult difficultés administratives dont seule la détermination de ce passionné de jardinage a pu venir à bout. Ne nous le cachons pas : les Jardins de Monet sont les plus beaux au printemps et au début de l'été, quand le moindre bout de terre disparaît d'abord sous les tapis de toutes sortes de bulbes, de myosotis et de giroflées, ensuite sous les avalanches de rosiers pleureurs, de pivoines, d'iris, de juliennes, de pavots... Mais le mois d'août ne s'en sort pas trop mal non plus. En voici la preuve...
Les rosiers sur tiges dans un massif de géraniums, devant la façade de stuc rose de la maison : la scène n'a pas changé depuis Monet, comme l'attestent les photos d'archives que l'on peut voir dans les ouvrages consacrés à la vie du grand impressionniste...
En août, quelques rosiers fleurissent encore, dans une allée latérale, mais pour voir les rosiers grimpants devant la maison, et les rosiers retombants sur tiges par-ci par-là dans les Jardins, dans toute la splendeur de leur floraison, il faut venir en mai-juin...
L'une des allées du Clos normand, accessible au public, avec ses fameux arceaux métalliques peints en vert, appelé parfois "vert Giverny".
Une autre allée, celle-ci fermée au public, plantée de joubarbes roses, lavatères, cosmos, glaïeuls, tithonias...
L'une des images les plus emblématiques de Giverny : l'allée centrale du Clos normand, conduisant de l'entrée de la maison à un portail vert ouvrant sur la route. Tapissée de capucines rampant, des deux côtés, sur le gravier blanc, elle est au sommet de sa beauté en août : d'une marée de feuilles rondes d'un vert clair sortent les petites fleurs éperonnées d'un orange vif. Au-dessus des "vagues" de capucines se dressent des arceaux métalliques avec les rosiers grimpants, et dans les massifs des deux côtés du chemin, plantés d'une profusion de fleurs, on peut admirer (de trop loin, hélas...) de nombreuses variétés de dahlias, les tournesols et les acidenthères.
Tropaeolum majusTropaeolum majus
Albizia julibrissin illumine le côté ouest du Clos normand en juillet-août avec sa floraison aérienne en forme de délicats pompons roses...
Albizia julibrissin
Tout en étant toujours à l'affût de curiosités botaniques, Claude Monet aimait également les fleurs les plus simples. La flore sauvage, qui s'invitait spontanément dans ses Jardins, avait son droit de cité dans les massifs, au même titre que les espèces cultivées. Ce bouillon-blanc (Verbascum thapsus), arborant des épis de fleurs jaune citron, proliférant déjà du temps de Monet, en est un excellent exemple, encore aujourd'hui.
Monet affectionnait particulièrement les fleurs simples, car, disait-il, elles reflètent mieux la lumière que les fleurs doubles. Il avait une prédilection particulière pour les roses trémières, qu'on peut toujours admirer dans ses Jardins, mais à la fin d'août, il n'en reste que les hampes sèches. En revanche, une autre Malvacée, Lavatera trimestris, prospère merveilleusement en cette période de l'année.
Lavatera trimestris 'Silver Cup'
La famille des Malvacées est représentée à Giverny également par Sphaeralcea ambigua, originaire d'Amérique du Nord.
Malva sylvestris
Pour les amateurs des fleurs simples, comme Monet, une autre famille botanique est d'un grand intérêt : les Astéracées. Aussi, cette famille est-elle très présente à Giverny. Cosmos, gaillardes, tournesols, tithonias, coréopsis, dahlias : autant de fleurs aux pétales simples, délicatement irisés, qui ravissaient Monet, tout comme elles ravissent les visiteurs de ses Jardins aujourd'hui...
GaillardiaMalva sylvestris
Pour les amateurs des fleurs simples, comme Monet, une autre famille botanique est d'un grand intérêt : les Astéracées. Aussi, cette famille est-elle très présente à Giverny. Cosmos, gaillardes, tournesols, tithonias, coréopsis, dahlias : autant de fleurs aux pétales simples, délicatement irisés, qui ravissaient Monet, tout comme elles ravissent les visiteurs de ses Jardins aujourd'hui...
Osteospermum
Helianthus annuus
Cosmos bipinnatus
Tithonia rotundifolia
Coreopsis
Dahlias décoratif 'Lilac Time'
Dahlia à fleurs d'orchidée
Les plantes bulbeuses d'été sont également à l'honneur dans les Jardins de Giverny, des plus connues, comme les glaïeuls, aux plus originales, comme les acidenthères, et même quelques raretés comme les Tigridia pavonia.
Gladiolus
Gladiolus
Acidanthera murielae
L'histoire ne dit pas si Monet plantait déjà, de son vivant, les beautés naturelles du nom de Tigridia pavonia. Mais, amoureux de nouveautés botaniques qu'il était, il aurait certainement apprécié cette superbe bulbeuse d'origine mexicaine, rare dans les jardins de la région parisienne. Très spectaculaires, les fleurs, déclinées à Giverny en été 2017 en trois coloris - blanc crème, jaune et rose - ont un large cœur tigré de marron pourpré sur fond jaune ou blanc. Les Tigridias de Giverny éveillaient une grande curiosité chez les visiteurs qui les prenaient invariablement pour des orchidées...
Tigridia pavonia
Datura florepleno
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