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vendredi 14 septembre 2018

Promenade dans les Yvelines

Depuis plus de trois siècles, le Potager du roi, créé par Jean-Baptiste La Quintinie (1626-1688), à Versailles, entre 1678 et 1683, perpétue l'esprit des jardins royaux du Grand Siècle, sous le signe de l'alliance de l'utile et de l'agréable. 
Dans son traité d'horticulture Instructions pour les jardins fruitiers et potagers, fondé sur son savoir expérimental, La Quintinie exprime la motivation qui l'anime : "que ce jardin soit en tout temps, non seulement propre pour la promenade et l'agrément, mais aussi abondant en bonnes choses pour la délicatesse du goût et la conservation de la santé."
Dès le début, le Potager est également un haut lieu de recherche et d'expérimentation dans le domaine de l'horticulture.
De nos jours, il est étroitement lié à la formation des élèves de l'Ecole nationale supérieure du paysage, qui entretiennent le jardin et proposent leurs récoltes de fruits et de légumes à la vente dans la boutique du Potager.
La statue de La Quintinie
Sur les 9 hectares de ce musée végétal à ciel ouvert, la plus grande partie est occupée par le jardin à la française, avec ses carrés de légumes bordés de milliers d'arbres fruitiers palissés le long d'un mur.
Mais on trouve également dans le Potager des parcelles de blés, des prairies fleuries ou encore un jardin de fleurs au tracé irrégulier.
La statue de La Quintinie surplombe le grand carré central du Potager
Rose
Rose
Poiriers en espalier et vue sur la Cathédrale de Saint-Louis
Poire (Pyrus sp.)
Figuier (Ficus carica)
Prunes (Prunus sp.)
Amarante et solidages du Canada
  Epi de blé
Fruits du pavot
Pavot (Papaver rhoaes)
Bleuets (Centaura cyanus)
Pavot de Californie (Eschscholzia californica)
Rose trémière (Alcea rosea)
Pavot (Papaver sp.)
Pavot (Papaver sp.)
Pavot (Papaver sp.)
Partenelle (Tanacetum partenium)
Un petit détour par l'arboretum de Chèvreloup, à Rocquencourt, à la fin d'août, permet d'admirer la coloration automnale de Cercidiphyllum japonicum, petit arbre originaire de Chine et du Japon. Il s'agit de l'unique espèce de la famille des Cercidiphyllacées, qui lui est entièrement dédiée. 
Son nom latin - Cercidiphyllum - signifiant littéralement "à feuilles de Cercis" (nom latin de l'arbre de Judée) fait allusion à la ressemblance entre les deux arbres au niveau des feuilles : cordiformes et dentelées en bordure.
Son nom français est "arbre caramel", car, exposé au soleil, il dégage une étonnante odeur de caramel, lors de la chute des feuilles, surtout le soir. 
Le principal atout de cet arbre assez répandu dans les parcs parisiens, est la coloration changeante de ses feuilles au fil des saisons. Rose rougeâtre au printemps, elles virent peu à peu au vert glauque en été, avant de revêtir, en automne, des teintes jaunes, orange, roses, rouges ou caramel.
Cercidiphyllum japonicum
Cercidiphyllum japonicum
Sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia), l'arboretum
Dernière étape de la promenade : le Château de Breteuil, l'un des plus beaux jardins de plaisance près de Paris, datant du XVIIe siècle. 
Situé dans l'écrin du parc naturel de la Vallée de Chevreuse, ce magnifique domaine de 75 hectares se prête merveilleusement aux vagabondages heureux entre un jardin à la française autour du château, un parc paysager romantique avec des étangs aux alentours, un jardin de vivaces et d'arbustes à fleurs, un jardin fruitier et des arbres somptueux dont certains tricentenaires... 
L'allée principale du château
Pigeonnier
Vase en terre cuite
Jardin à la française avec ses topiaires et son miroir d'eau
Rosier dans le jardin de fleurs
Fructification d'un rosier
Citron (Citrus sp.)
Marguerite sauvage

mercredi 12 septembre 2018

Les Jardins des Tuileries

Le Jardin des Tuileries est le plus ancien jardin à la française de Paris. Délimité par le palais du Louvre d'un côté et la place de la Concorde de l'autre, il offre une ambiance comparable à celle du Jardin du Luxembourg. On s'y promène, on admire la beauté de l'architecture et on s'y repose sur les chaises vertes disposées nonchalamment un peu partout…
A la fin d'août, les massifs des Jardins étaient plantés, sans surprise, de grands classiques de la saison : dahlias, tournesols, soleils du Mexique, cléomes, astroemères, gauras, asters… Mais la nature n'étant jamais à court de surprises, celle-ci est venue, un peu plus loin, avec la floraison de plusieurs iris barbus, d'un superbe bleu violacé, plus vrais qu'au printemps…
Le Palais et la Pyramide du Louvre


Massif d'été avec alstroemères rouge framboise au premier plan à gauche
Arbre de Judée (Cercis siliquastrum)
Massif d'été avec dahlias et tournesols
Massif de dahlias
Dahlia

Premiers asters d'automne
Soleil du Mexique (Thitonia rotundifolia)
Soleil du Mexique (Thitonia rotundifolia)
Et les superbes iris barbus...

Naissance de l'iris
"Intouchable et sans doute inaccessible, sauf à la distante caresse de l'œil, l'iris, au-dessus de la raideur impersonnelle de ses feuilles, dresse son cou fragile et rond, sa tête à claire-voie. […]. Peu de fleurs ont un aspect plus charnel : on y distingue des langues suaves, des lèvres finement ourlées, des courbes lascives, on aperçoit sous cette peau diaphane la très fine résille des veinules et des artérioles où la vie circule, mais cette chair est protégée par une telle subtilité, une telle susceptibilité que le seul regard la pourrait bien irriter et corrompre ; elle semble réservée à ces plaisirs de pure contemplation qu'on ne s'avoue pas facilement à soi-même. […]. Serrée dans ces bandelettes translucides, on devine la fleur repliée ainsi qu'en sa chrysalide le papillon près de naître. Elle ne s'annonce encore que par une très légère frange de couleur, mais déjà érigée, elle dresse sa pointe, étroitement roulée sur elle-même, dans ses pétales tendus et luisants comme du satin, voiles successifs qui moulent une chair toujours absente. Dès que cette tension qui les tient embrassés se relâchera d'un dixième de millimètre, la fleur éclatera brutalement et les pétales encore fripés commenceront à se bomber dans l'air pour évoquer plutôt que pour définir son véritable volume. A ce furtif événement nul, jamais, n'a pu assister." 
Jacques Brosse (1922-2008)





Référence :
Jacques Brosse, L'ordre des choses, Julliard, 1986, pp. 51-53