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mercredi 12 septembre 2018

Les Jardins des Tuileries

Le Jardin des Tuileries est le plus ancien jardin à la française de Paris. Délimité par le palais du Louvre d'un côté et la place de la Concorde de l'autre, il offre une ambiance comparable à celle du Jardin du Luxembourg. On s'y promène, on admire la beauté de l'architecture et on s'y repose sur les chaises vertes disposées nonchalamment un peu partout…
A la fin d'août, les massifs des Jardins étaient plantés, sans surprise, de grands classiques de la saison : dahlias, tournesols, soleils du Mexique, cléomes, astroemères, gauras, asters… Mais la nature n'étant jamais à court de surprises, celle-ci est venue, un peu plus loin, avec la floraison de plusieurs iris barbus, d'un superbe bleu violacé, plus vrais qu'au printemps…
Le Palais et la Pyramide du Louvre


Massif d'été avec alstroemères rouge framboise au premier plan à gauche
Arbre de Judée (Cercis siliquastrum)
Massif d'été avec dahlias et tournesols
Massif de dahlias
Dahlia

Premiers asters d'automne
Soleil du Mexique (Thitonia rotundifolia)
Soleil du Mexique (Thitonia rotundifolia)
Et les superbes iris barbus...

Naissance de l'iris
"Intouchable et sans doute inaccessible, sauf à la distante caresse de l'œil, l'iris, au-dessus de la raideur impersonnelle de ses feuilles, dresse son cou fragile et rond, sa tête à claire-voie. […]. Peu de fleurs ont un aspect plus charnel : on y distingue des langues suaves, des lèvres finement ourlées, des courbes lascives, on aperçoit sous cette peau diaphane la très fine résille des veinules et des artérioles où la vie circule, mais cette chair est protégée par une telle subtilité, une telle susceptibilité que le seul regard la pourrait bien irriter et corrompre ; elle semble réservée à ces plaisirs de pure contemplation qu'on ne s'avoue pas facilement à soi-même. […]. Serrée dans ces bandelettes translucides, on devine la fleur repliée ainsi qu'en sa chrysalide le papillon près de naître. Elle ne s'annonce encore que par une très légère frange de couleur, mais déjà érigée, elle dresse sa pointe, étroitement roulée sur elle-même, dans ses pétales tendus et luisants comme du satin, voiles successifs qui moulent une chair toujours absente. Dès que cette tension qui les tient embrassés se relâchera d'un dixième de millimètre, la fleur éclatera brutalement et les pétales encore fripés commenceront à se bomber dans l'air pour évoquer plutôt que pour définir son véritable volume. A ce furtif événement nul, jamais, n'a pu assister." 
Jacques Brosse (1922-2008)





Référence :
Jacques Brosse, L'ordre des choses, Julliard, 1986, pp. 51-53