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dimanche 9 septembre 2018

Flâneries parisiennes (1)

La balade commence au Jardin du Luxembourg… 
Ses ambiances contrastées (jardin à la française, jardin anglais…), ses chaises vertes devenues une partie intégrante du patrimoine parisien, ses vasques fleuries de pétunias et de pélargoniums, et ses essences méditerranéennes (palmiers, orangers, lauriers-roses, grenadiers…) disposées autour du grand canal, font que la magie de l'endroit opère tout de suite…

Laurier-rose (Nerium oleander splendens giganteum) (à gauche) et vasque fleurie de pétunias (à droite)
Laurier-rose (Nerium oleander splendens giganteum)
Laurier-rose (Nerium oleander splendens giganteum)
Laurier-rose (Nerium oleander splendens giganteum)
Arbre caramel (Cercidiphyllum japonicum)
Vasque avec pélargoniums
 
Quelques pas plus loin, une petite halte dans le jardin du Musée de Cluny.
Conçu comme une évocation contemporaine du jardin médiéval, cet espace minuscule et plein de charme, situé au cœur du Quartier latin, est composé de différentes parties aux noms évocateurs : la forêt de la licorne, le préau, le jardin céleste, le jardin d'amour, le tapis mille fleurs…
La fin de l'été, c'est la période des fructifications de nombreuses espèces, toutes représentatives de l'époque médiévale : houx, noisetiers, viornes, néfliers, cognassiers, rosiers sauvages…
Musée de Cluny
Fruits rouges du rosier des chiens (Rosa canina), appelés cynorrhodons…
Rosier des chiens (Rosa canina)
Rosier des chiens (Rosa canina)
Rosier des chiens (Rosa canina)
Rosier des chiens (Rosa canina)
Rosier rugueux (Rosa rugosa)
Tanaisie (Tanecetum vulgare)
La flânerie se poursuit en direction de la cathédrale Notre-Dame de Paris…
La silhouette claire du monument, se détachant sur le ciel bleu azur, procure toujours une forte émotion… 
Dans le jardin qui jouxte l'édifice du côté de la Seine, la nature s'est mise au diapason : le bleu (le ciel et les dernières fleurs des pieds d'alouette…), le blanc (le liseron sauvage dans une haie sur le parvis, tabac, arctotide…) et le jaune (tournesols, rudbeckias…) ne sont-ils pas en effet les couleurs mariales par excellence? 



Liseron sauvage (Calystegia sepium)
Tournesol (Helianthus annuus)
Tournesol (Helianthus annuus)
Massif d'été composé de tabac blanc, gauras et différentes graminées...
Arctotide (Arctotis sp.)
Rudbeckias (Rudbeckia sp.)

dimanche 17 décembre 2017

Le Jardin du Luxembourg

Réserve de verdure du Quartier latin, depuis plus de trois siècles, le Jardin du Luxembourg est un lieu de promenade et de repos pour un public varié. Le "Luco", comme l'appellent les habitués, a notamment toujours été un lieu de prédilection pour les écrivains, à travers les siècles. De Bernardin de Saint-Pierre à Cioran, en passant par tous les grands romantiques, il fut, à n'en pas douter, témoin silencieux de maintes pensées existentielles conçues en son sein dans l'esprit de la promenade philosophique, que ces grands hommes aimaient pratiquer, et à laquelle il invite tout naturellement par ses charmes multiples. La nature est l'un de ces charmes, évidemment. Le Jardin du Luxembourg offre une parfaite harmonie entre les parterres classiques, ensoleillés, dans le style du jardin à la française, et les parties ombragées, dans la tradition du parc paysager anglais. Les uns invitent à l'émerveillement, les autres à la détente... C'est aussi un lieu de prestige de par ses collections végétales : un verger-conservatoire de variétés et de formes fruitières, comprenant notamment 600 variétés de pommiers et de poiriers ; et ses serres aux plantes exotiques, parmi lesquelles la collection d'orchidées (particulièrement des Paphiopedilum) est l'une des plus anciennes d'Europe...
Les parterres autour du grand bassin, devant le château, contribuent grandement à l'attractivité du Jardin. Chaque année, trois plantations successives (printemps, été, automne) assurent une floraison ininterrompue pendant neuf mois, de mars à novembre. La floraison estivale dure, à elle seule, cinq mois, de juin à fin octobre.
Les massifs d'été, d'une rare opulence, sont constitués le plus souvent d'annuelles dont la réputation de longue floraison n'est plus à faire : géraniums, pétunias, oeillets d'Inde, héliotropes, calcéolaires, sauges, agérates, solénostemons...




Parmi les quelque cent statues qui ornent le Jardin du Luxembourg, - celle de Charles Baudelaire, nichée sous un marronnier...
...et celle de Sainte-Beuve, sur fond d'un Albizia en fin de floraison à la fin d'août...
Les vasques de pétunias retombants, portées par des angelots (ci-dessous) sont un autre élément décoratif du Jardin du Luxembourg, en été. Faciles de culture, fleurissant de mai jusqu'aux gelées, les pétunias illuminent l'endroit de leurs couleurs éclatantes.




Tout comme les pétunias, les pelargoniums, dans les vasques, sont du plus bel effet...

L'orangerie du Jardin abrite près de 200 plantes en caisse : palmiers, agrumes, lauriers-roses, grenadiers. Les plantes sont rentrées en octobre et quittent l'orangerie au début de mai, pour embellir le jardin durant toute la belle saison.


Plantation récente de savonniers (Koelreuteria paniculata) devant le pavillon Davioud
Et juste derrière, dans le jardin d'enfants, le mois d'août voit s'épanouir deux merveilles aux couleurs contrastées : les rosiers Pierre de Ronsard, aux fleurs compactes d'un rose délicat, et les dentelaires du Cap (Plumbago capensis), aux grappes de fleurs d'un bleu ciel.


"Inutile de vouloir le nier, un jardin, pour chacun de nous, c'est avant tout des fleurs,  et les fleurs, c'est la couleur par excellence! Qui dit couleurs peut aussitôt ajouter "goûts"! Car rien n'est plus variable et en même temps plus constant que les exclamations des uns et des autres - les miennes y compris - face à l'arc-en-ciel, à l'infini nuancier des tons que nous propose la Nature par l'entremise des fleurs, de leurs corolles et de leurs calices, de leurs feuillages, de leurs étamines et de leurs pistils, en fait de toute leur anatomie... Un matin, rien ne me paraît devoir surpasser le rosier- ronsard qui se décline du rouge sang, à l'extrême bord de ses pétales, jusqu'au rose de sa robe, pour finir par le blanc neigeux de son cœur... Sans compter que ce miracle que représente une seule rose, se reproduit - jamais à l'identique - des dizaines de fois sur cet arbuste-là, pour recommencer un peu plus loin sur son jumeau. Oui, j'ai envie de réveiller la maison entière, de battre le tam-tam, de faire carillonner les cloches de l'église : le ronsard est à son apogée, accourez tous voir!" Madeleine Chapsal (née en 1925)





 Les platanes devant la Fontaine Médicis sont presque deux fois centenaires...
Source :
Madeleine Chapsal, Dans mon jardin, Paris, éd. Fayard, 2003, pp. 138-139.