jeudi 21 septembre 2017

Plumeria rubra

C’est un régal pour les yeux que de rencontrer les ravissantes fleurs de Plumeria rubra sur son chemin, en toute saison. En effet, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’arbre n’est pas avare de sa floraison : si le sommet de sa beauté se situe en été, les fleurs sont présentes sur les branches toute l’année, avec plus ou moins d’intensité. Elles sont d’une grande sobriété et d’une rare élégance : des corolles régulières, soyeuses, pouvant revêtir des teintes unies - rose, rouge, jaune, blanche - ou encore de magnifiques dégradés de toutes ces couleurs. Mais avec Plumeria rubra, il n’y a pas que le plaisir des yeux. Celui-ci est également olfactif : les fleurs exhalent une fragrance suave où l’on distingue des notes fraîches et légèrement poivrées de verveine et de citron.



























dimanche 17 septembre 2017

Les dahlias (2)

Un Dahlia
Courtisane au sein dur, à l'œil opaque et brun
S'ouvrant avec lenteur comme celui d'un boeuf,
Ton grand torse reluit ainsi qu'un marbre neuf.

Fleur grasse et riche, autour de toi ne flotte aucun 
Arôme, et la beauté sereine de ton corps
Déroule, mate, ses impeccables accords.

Tu ne sens même pas la chair, ce goût qu'au moins 
Exhalent celles-là qui vont fanant les foins,
Et tu trônes l'idole insensible à l'encens.

- Ainsi le Dahlia, roi vêtu de splendeur
Elève sans orgueil sa tête sans odeur
Irritant au milieu des jasmins agaçants!
Paul Verlaine (1844-1896)

[Wilflingen, 28 août 1984] « Sur le buddléia, de plus en plus fréquent, le vulcain. L'automne commence. Les dahlias sont déjà à en pleine floraison, et parmi eux une nouvelle variété, semblable à un sombre ostensoir pourpre. Le dahlia ne s'est « manifesté » à moi que tardivement-quand cela nous arrive avec des plantes, des animaux ou des hommes, ils sont alors « reconnus ». Le dahlia fait partie des fleurs auxquelles se consacre une association particulière d'amateurs, et cela à juste titre-c'est comme une chapelle pour un saint. […] Le dahlia, encore appelé Georgine par ma grand-mère, a engendré des milliers de variétés. Dans nos jardins, les semences ne mûrissent pas. Alexandre de Humboldt a expédié les premiers dahlias du Mexique à Madrid, principalement à cause des bulbes qu'il croyait comestibles. Je me demande si l'étonnante variabilité de certaines espèces répandues dans le monde botanique et zoologique peut se réduire à un dénominateur commun. Cette propriété peut rester en sommeil jusqu'à ce qu'un producteur la découvre. […] Ernst Jünger (1895-1998)






















Sources :
Ernst Jünger, Soixante-dix s’efface, III, Journal 1981-1985, trad. Julien Hervier, Paris, éd. Gallimard, 1996, p. 408.
Paul Verlaine, Poèmes saturniens, Paris, éd. Librairie Générale Française, 1996, p. 85.