dimanche 7 octobre 2018

Les zinnias...

Quel parcours que celui du zinnia : des broussailles du Mexique aux jardins du monde entier! 
En effet, aujourd’hui, cette petite Astéracée sud-américaine est une plante incontournable des massifs d’été aux quatre coins de la planète. Simple et éclatante à la fois, elle révèle toute sa splendeur, surtout quand elle forme une marée multicolore. 
 A ce sujet, Patrick Mioulane raconte une anecdote, dans son livre Dites-le avec des fleurs : 
« Lorsque les conquistadors espagnols parvinrent au Mexique vers 1520, ils trouvèrent des zinnias dans les jardins de Montezuma et les appelèrent mal de ojos, c’est-à-dire « mal aux yeux », en raison de leurs couleurs vives et lumineuses. ». 
Les zinnias, fleurissant tout l’été, présentent effectivement des couleurs variées, allant du blanc au pourpre, en passant par toutes les nuances du jaune, du orange, du rose et du rouge... 





Jeudi, 13 juillet
"Allant au petit matin soigner les bêtes, je rencontre en chemin une fleur de zinnia qui, née avec le jour, vient de s’ouvrir au soleil. Sur les pétales d’un rouge orangé vif, repose une étoile aux fins rayons jaune paille ; au cœur, flamboie, sur fond de braise, l’or pur des étamines. Tel sera le blason de ma journée de solitude ; du moins, je le décide ainsi. Plus tard, il se révélera que ces teintes furent exactement celles de mon aura de ce jour." Jacques Brosse (1922-2008)




[Le jardin provençal]"C’est à l’étage plus haut que commence le domaine du zinnia. Depuis quelques années, le zinnia est grand comme une soucoupe, comme un coussin, comme le rond tapis de pied que brodaient nos grands-mères. Sauf le bleu, il accède à toutes les nuances, et chez moi le rouge pur, un rose chinois, un autre rose safrané dominent. Mille zinnias, et encore mille, infatigables, tous célèbrent la gloire de la fleur parfaitement ronde !" Colette (1873-1954)






"Il est des richesses qui tombent dans notre vie comme des présents. Nous les découvrons un jour, pareilles à des images jaillies de l’invisible, et bientôt elles nous sont familières, elles sont notre bien. C’est ce qui m’advint avec le zinnia, une fleur entrée dans nos jardins depuis un petit nombre d’années. En dehors des qualités qu’un jardinier pourrait louer en elle, cette fleur est surtout surprenante par sa docilité à servir de medium à la lumière. Non seulement elle crée, comme nos autres fleurs des jardins, une riche gamme de tons purs, mais ses dons sont uniques en ce sens qu’elle est capable de développer toute une série de ces gammes suivant autant de clés différentes." 
Ernst Jünger (1895-1998)










Sources :
Patrick Mioulane, Dites-le avec des fleurs, Paris, éd. Larousse, 2004, p. 184.
Jacques Brosse, Le chant du loriot, Paris, éd. Plon, 1990, p. 124. 
Colette, La Treille muscate, in Romans-Récits-Souvenirs (1920-1940), Paris, éd. Robert Laffont, 1989, p. 996. 
Ernst Jünger, "Le zinnia", in Le cœur aventureux, Paris, éd. Gallimard, 1969, p. 113.

Pachira macrocarpa

Pachira macrocarpa, appartenant à la famille des Bombacacées, est un arbre d'ornement assez répandu à Taiwan. Il fleurit pratiquement toute l’année et ses « fleurs » parfumées, blanc crème, évoquant de ravissants petits balais, se rencontrent très souvent sous la couronne de l’arbre. En raison de la forme de son fruit, dont on peut consommer les graines, l’arbre est appelé Châtaignier de la Guyane ou Noix de Malabar. En Asie du Sud-Est, Pachira macrocarpa est associée à l’argent : on l’appelle « facai shu », c'est-à-dire « l'arbre qui apporte des sous »...
Un jeune spécimen de Pachira macrocarpa se penche sur un sentier de promenade dans le Parc Guting...

Comme dans le cas d'autres arbres de la famille des Bombacacées, par exemple le kapokier ou la chorisie, le tronc de Pachira macrocarpa possède une jolie coloration verte, virant parfois sur le jaune.

Les jeunes feuilles sont couvertes d'un duvet marron qui disparaît avec le temps.


Bouton floral


"Pinceau" d'étamines et pétales longs et étroits incurvés vers le bas en pleine floraison

Etamines et pétales tombés au sol...
Les petits pinceaux prennent très vite une teinte rouille


Le fruit de Pachira macrocarpa est une capsule oblongue s'ouvrant à maturité et contenant des graines brunes peu nombreuses, comestibles.



mardi 2 octobre 2018

Diospyros kaki

Parmi plusieurs centaines d’espèces qui composent le genre botanique Diospyros, au sein de la famille des Ebénacées, l’espèce Diospyros kaki (le plaqueminier), originaire de Chine et du Japon, est, à n’en pas douter, la plus connue. Et pour cause : c’est elle qui produit les délicieux fruits – les kakis – consommés dans le monde entier. Etymologiquement, ce sont « les fruits des dieux » (du grec dios, "divin", de "Zeus", et puros, "blé" et, par extension, "fruit"). 
Connu principalement pour donner cette "nourriture divine", le plaqueminier a aussi d’autres atouts : son beau feuillage vert clair au printemps qui vire au jaune orangé en automne et ses petites fleurs campanulées couleur beige qui s’épanouissent discrètement en avril.
A Taiwan, on peut admirer les vergers entiers de plaqueminiers à Xinpu.
Après la récolte des fruits, qui a lieu en octobre, ceux-ci sont exposés au soleil sur des claies afin d’obtenir des fruits séchés, très prisés par les Taiwanais.
L’image des kakis se prélassant ainsi au soleil est très impressionnante et compte parmi  les attractions les plus emblématiques de l'île.
Mars-avril

Le plaqueminier est un arbre caduc, les feuilles chutent à la fin de l'année pour réapparaître dès le mois de mars…
D'abord vert … "kaki", les feuilles deviennent par la suite vert clair, pour aboutir, en automne, à un vert plus foncé. Dernière étape, assez éphémère et donc difficile à capter : une jolie coloration orange du feuillage. 
Boutons floraux
Fleurs en forme de clochettes couleur chair


Fleurs tombées au sol
Septembre-octobre
Les fruits commencent à mûrir en septembre

Verger de kakis à Xinpu, en octobre




« A portée de ma main, au jardin Boboli, pendaient d’énormes kakis dorés dont la chair éclatée laissait passer un sirop épais. De cette colline légère à ces fruits juteux, de la fraternité secrète qui m’accordait au monde à la faim qui me poussait vers la chair orangée au-dessus de ma main, je saisissais le balancement qui mène certains hommes de l’ascèse à la jouissance et du dépouillement à la profusion dans la volupté. J’admirais, j’admire ce lien qui, au monde, unit l’homme, ce double reflet dans lequel mon cœur peut intervenir et dicter son bonheur jusqu’à une limite précise où le monde peut alors l’achever ou le détruire. » Albert Camus (1913-1960), Noces, Gallimard, 1959, p. 70


Fruits tombés au sol...
Les kakis en train de sécher au soleil, à Xinpu...