A Yonghe (永和), aux portes de Taipei, il existe
un jardin secret, entretenu par des bénévoles. Les visiteurs y sont toujours
bien accueillis pour peu qu’ils respectent ce lieu aussi luxuriant que
fragile. Ce curieux espace botanique regorge de végétaux,
notamment de plantes d’origine taiwanaise. On n’y fait toutes sortes de découvertes,
dans les sentiers de promenade où la nature sauvage dispute ses droits aux
plantations horticoles. C’est d’ailleurs cette cohabitation, pas si pacifique
que cela, vu l’exubérance de la flore spontanée à Taiwan, qui fait le charme
particulier de cette enclave verte unique en son genre. L’endroit serait vite
impraticable sans l’intervention humaine. Chaque année, en septembre, il est
dévasté par les typhons successifs. Ceux de 2015 l’avaient presque anéanti.
Mais c’est sans compter sur la persévérance de ceux qui l’entretiennent. Grâce
à eux le jardin secret de Yonghe renaît à chaque fois, fidèle à sa vocation originelle
: mettre en valeur les plantes locales et continuer d’enchanter les amoureux de
la nature.
Il serait difficile, quoique très tentant,
d’inventorier tous les trésors botaniques présents dans ce lieu insolite.
Beaucoup d’entre eux font partie intégrante de la flore taiwanaise et se
rencontrent un peu partout. Ci-dessous quelques curiosités botaniques observées
dans le jardin depuis 2013 et que l’on n’a pas souvent la chance d’admirer à
Taipei. Certaines d’entre elles n’existent plus, victimes des typhons de ces
trois dernières années. Les avoir immortalisées sur ces photos est donc aussi
une façon de les faire vivre pour toujours.
Grimpant sur le grillage à côté de l'entrée du jardin, Dioscorea bulbifera attire le regard par ses belles feuilles cordiformes ...
... et ses tubercules apparentes d'un marron nacré...
Les fleurs, d'un rose uni, de Rhodomyrthus tomentosa, que l'on peut admirer en mai, tout près de l'entrée, évoquent celles du pommier...
Un peu plus loin,
Thunberghia erecta apporte à l'endroit une touche d'un bleu violacé intense.
La tribu des aristoloches compte de nombreuses espèces (environ 300) vivant dans les bois frais des régions tempérées et tropicales des deux hémisphères.
Les aristoloches possèdent souvent de jolies feuilles cordiformes et des fleurs sans pétales en forme de "S".
Les fleurs peuvent être de couleur unie (pourpre, marron) ou marbrées de brun et de blanc. L'aristoloche de Yonghe appartient probablement à l'espèce "galeata".
Le fruit, d'un vert bleuâtre, se lignifie avec le temps et s'ouvre à maturité.
L'effet final est de toute beauté...
Abutilon striatum (ou pictum) est un arbuste de la famille des Malvacées. Ses belles fleurs orange veinées de plus foncé sont suspendues au bout de très fins pédoncules.
Hibiscus taiwanensis n'est pas une rareté botanique... Originaire de Taiwan, comme son nom l'indique, il y prospère à merveille, dans de nombreux endroits.
Les délicates fleurs jaune pâle de
Gossypium herbaceum sont suivies de capsules vertes ...
... qui s'ouvrent à maturité et laissent apparaître le coton blanc.
Akebia longeracemosa est l'une des rares représentantes du genre (cinq espèces). C'est une plante grimpante, volubile, poussant, à l'état sauvage, en lisière de forêts, à l'est de l'Asie.
Ses fleurs brun pourpré sont réunies en grappes pendantes.
On trouve aussi dans le Jardin secret de Yonghe une charmante Menyanthacée : Nymphoides indica, bien connue dans les zones tropicales du monde entier. Ses petites fleurs blanches à cœur jaune ont des pétales frangés et couverts de poils glanduleux.
Cette Zingibéracée (une sorte de Costus?), pourtant très robuste, n'a pas survécu aux typhons de 2015...
Citrus medica sarcodactylis est assez rare à Taipei, comparé aux autres agrumes. Ses fleurs et ses feuilles dégagent un parfum d'une incroyable fraîcheur. Malheureusement, les typhons successifs de ces dernières années ont eu raison du spécimen de Yonghe...
L'aspect digité du cédrat "main de Bouddha" en fait un fruit spectaculaire.
Les baies blanches de Flueggera virosa ressemblent à celles de la symphorine (Symphoricarpos albus).
Luffa cylindrica : cette belle fleur d'un jaune chaud, typique des Cucurbitacées, donnera un pépon qui pourra être consommé en légume ou servir d'éponge végétale...
Après les typhons de l'automne 2015 qui ont profondément transformé la physionomie de l'endroit, une Astéracée sauvage, Pluchea sagittalis, a fait son apparition, en grande quantité, au printemps 2016.
D'autres plantes sauvages ont commencé à pousser à ce moment-là, sur les terrains dévastés. On a pu y constater notamment de très nombreuses rosettes d'une sorte d'onagre et un grand nombre d'épis de Celosia argentea (ci-dessus).
Cette sublime fleur arachnéenne, c'est
Paris polyphylla, de la famille des Trilliacées.
Il ne pouvait manquer d'amaryllis (Hippeastrum) dans cet endroit qui regorge de plantes et qui évolue sans cesse. Plantés en pleine terre à Taiwan, les amaryllis éblouissent par leur floraison massive en avril-mai.
Asclepias curassavica pousse dans ce charmant jardin en abondance, parmi différentes fabacées...
Une sorte d'abutilon ?